21 décembre 2005

Haut les poufs...

La pouf sait qu’un podium, ou tout monticule sur lequel elle est susceptible de se percher, est un élément incontournable qu’il lui faut à tout prix s’approprier en soirée. En hauteur, la pouf peut à loisir se montrer, se mettre en scène. Grimpée, la pouf peut comme elle veut scruter le dance-floor, le bar ou le DJ. Le podium, c’est encore ce que la pouf a trouvé de plus efficace pour poufiasser.

 

Reste que le dit podium est vivement convoité et qu’il n’est pas aisé pour la pouf, a priori, de s’y installer. Il y a d’abord les autres poufs, seules, en bande ou encore en couple qui légitimement peuvent prétendre occuper l’endroit. Mais vous remarquerez que les poufs, les vrais, ne s’abaissent jamais à se concurrencer. Au contraire, elles s’évitent en bonne intelligence (si si, en bonne intelligence) en choisissant de se positionner sur les limites extérieures du dance-floor. La pouf aime bien les limites extérieures : elle y est plus visible, elle y a plus de place, elle fait celle qui danse, oui, mais qui n’est malgré tout pas là pour ça, elle est d’évidence plus près des tables occupées par ses clients potentiels occupés à consommer leurs bouteilles (au pluriel, sinon ce sont des étudiants)

 

Et comme elles s’entendent pour se confronter le moins possible, les poufs s’entendent aussi pour ne jamais revendiquer un podium déjà occupé par l’une d’entre elles. Ce qu’une pouf ne ferait jamais, c’est de réclamer directement sa part de piédestal. Non, une pouf ne ferait jamais ça, pas plus que de patienter là, en bas.

 

Et le commun des mortels de se demander comment la pouf parvient à gagner les sommets ? En poufiassant bien sûr, en poufiassant à mort.

 

La pouf, pour commencer, ne grimpe jamais d’elle-même : elle se fait inviter, mieux, elle se fait prier. Parce que la pouf sait se faire des alliés. Il lui suffit d’une rapide évaluation des forces en présence pour repérer immédiatement le groupe de garçons qui pourra l’aider. Ils sont 4 ou 5 (au-delà, il s’agit d’une équipe de foot, de rugby, d’un comité d’entreprise... ils ont déjà choppé le convoité podium et l’utilisent pour lancer des glaçons sur les filles ou se déshabiller) ils n’ont pas l’air désœuvré (sinon, ce sont des nerds qui ont déserté la toile pour se frotter au monde réel où les filles sont moins jolies mais où elles bougent sans être pixelisées) ils ne sont pas difformes (ce n’est pas non plus un regroupement de minets venus se distraire tout droit sortis du casting de « L’Ile de la Tentation »)

 

Parmi eux, la pouf ne s’arrête pas, pas même une seconde, sur le charismatique beau gosse. Non, la pouf s’attache au contraire dans l’instant à attirer l’attention du rigolo. Le rigolo ne se prend pas au sérieux, ne se la joue pas. Le rigolo est positif, c’est un "joyeux drille" qui s’efforce de faire sourire ses camarades. Le rigolo a de l’esprit comme en témoigne sa drôle de façon de mimer les chansons tout en conservant toute sa dignité. Le rigolo, en somme, est tout à fait irrésistible pour la pouf à ce moment précis. Repérée tout de suite par le rigolo, la pouf souriante et légère n’a plus grand chose à faire si ce n’est lui indiquer le podium, d’un geste bref et gracieux du menton. Dès lors, fort de toute sa virilité et de toute sa bonhomie, le rigolo grimpe. Passés quelques instants durant lesquels il rameute sa troupe et prend ses repères, le rigolo se tourne vers la pouf. Complice, du haut de son perchoir, il lui tend enfin une main assurée. Et la pouf de s’en saisir, de grimper à son tour, de conserver sa main tendue pour exiger le baiser qui doit naturellement conclure une si belle invite.

 

Il suffira ensuite de très peu de chose à la pouf ainsi qu’à ses renforts pour conserver le podium, pour le tenir. Par la suite, la pouf se dira que vu de là, le charismatique beau gosse s’accorde parfaitement avec l’une de ses copines, pouf tout autant. Pour le vérifier, elle leurs abandonnera le temps du rapprochement son podium, le temps d’aller au bar où un chic inconnu l’abordera et lui dira dans un sourire : « je vous ai vu danser là-bas et je vous ai trouvé vraiment délicieuse ».

 

 

Anna.

Commentaires

Pourquoi ne finirait elle pas la soirée le rigolo?

Ecrit par : Anisée | 23 décembre 2005

toujours aussi pertinent, mais cela manque un peu de visuel pour des filles de la com' !!

Ecrit par : yann | 23 décembre 2005

Deux réponses en une : la pouf n'a pas fini sa soirée, le rigolo n'est pas forcément en dehors du coup. Sauf s'il mesure 15 centimètres de moins que la pouf auquel cas il devra jouer sur plus d'une seule soirée.
Et non, on ne met pas d'image puisque l'imagination fait foi...

Mais ça viendra peut être...

Chris

Ecrit par : Chris | 23 décembre 2005

On attend la suite avec impatience! You go, girls!

Ecrit par : TD | 27 décembre 2005

Je suis addict! Encore! Encore

Ecrit par : Anisée | 30 décembre 2005

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