15 décembre 2006

Si seulement c'était ma Première à Paris...

-         Alors, c’était comment la soirée Paris Première ?

-         C’était très bien !

-         Ah.. Ok… Et y’avait qui ?

-         Tout le monde.

-         Ah, ouais. Et la musique, elle était bien la musique.

-         Oui, oui, comme il fallait.

-         Et le Show Case, c’est comment le Show Case ?

-         Sublime.

-         Ah… Bon… J’ai une copine qui y était qui m’a dit que c’était bien cool.

-         Oui, bon, ben et si t’allais plutôt harceler ta copine pour qu’elle te fasse rêver, moi j’ai des choses à faire…

 

La pouf est de mauvaise humeur et elle n’hésite pas à le faire savoir. Trop de champagne, trop de macarons, trop de cigarettes : l’œil est vitreux, le cheveux triste, la peau bien pâle. « La night, ça demande des sacrifices grave » se répète la pouf devant la glace des toilettes du bureau. 

 

Il y a de cela 7 ans, lorsque la pouf débarquait pour finir ses études « sur Paris » (comme elle le disait encore à l’époque et comme très vite elle allait apprendre à ne plus le dire) être invitée à une soirée comme celle là aurait été impossible. Il y a de cela 7 ans, quand la pouf ne connaissait pas encore 20 stations de métro par cœur et avec pour chacune d’entre elles les correspondances, faire partie du cercle fermé des initiés sur qui l’on compte durant ce genre d’événement aurait été impensable. Alors qu’il y a de cela 7 ans, la pouf aurait tout donné « pour en être ».

 

Mais elle n’en était pas ! Plus dégrossie que la moyenne, la pouf à l’époque était loin du compte. Un vieux manteau Bill Tornade, un jean Levis et des boots Freelance ne suffisaient pas. Un physique arrangeant, un grand sourire naïf et un don inné pour la danse aidaient, mais ne faisaient pas tout. 

 

Pourtant, à bien y réfléchir, le plus dur ce n’est pas de devenir une vraie pouf parisienne. Un peu de temps, un peu d’entraînement et hop, voilà, on se retrouve simplement à discuter de la couleur des macarons avec Samuel Lebihan. A y réfléchir encore un peu plus, le plus dur n’est pas non plus de durer, dans la vie parisienne. Durer, c’est le problème de ceux qui en ont un jour fait partie et qui se sont fait sortir depuis. Non, le plus dur est ailleurs finalement.

 

Le plus dur, c’est bien de ne pas vraiment en être ! Et de continuer de s’amuser de tout et d’un rien : « Oh regarde, le barman a une cape et un loup » De ne pas se prendre au sérieux : « Et quand je bouge comme ça tu trouves pas que je ressemble à Beyonce ? » De s’étonner même des choses les plus ordinaires : « Je crois que la fille de La Minute Blonde c’est pas une vraie blonde. »

 

Et de rester un peu comme on était au départ :

-         Petit Chéri ! On dit que je suis une princesse et toi le prince charmant. Je cours, je cours et je saute dans tes bras ?

-         D’accord mon choux, mais sans que tu cours parce que là, franchement, tu n’es pas du tout en état.

Anna.

Commentaires

Et c'est quoi sa couleur à Lebihan ?

Ecrit par : éliiiiiiiise | 18 décembre 2006

Ah ! Il est bon d'imaginer cet étudiant en sciences-éco qui, à Aix en Provence, est penché sur son bureau face à Alvin Toffler, un rien paniqué par le partiel à venir.
Son esprit glisse sur les lames glacées et bleues du Mistral d'Hiver (Oh putain...le syndrôme Arlequin !)...il se voit déjà en haut de la fiche (de salaire), tout de Corneliani vétu, faisant son Julien Sorel au vernissage de la toute dernière expo Vuiton au sommet des Champs ! Aujourd'hui...ça l'excite, le motive, le galvanise...et après-demain ?
Vous avez raison, Anna...ne jamais oublier le son de la corne de brume des transatlantiques, le cri du muezzin à Djakarta ni le goût des premiers baiser au Malibu (et merde...encore le syndrome Arlequin...sa race !).

Ecrit par : Ouam | 18 décembre 2006

A force d'être trop second degré, on finit par devenir premier degré.

Ecrit par : Tidoum | 20 décembre 2006

Ouam > Avec des sciences eco à Aix, je voi mal comment tu vas faire péter la fiche de salaire...

La pouffe pique ma curosité de découvreur de blogs... Dans quoi boose la pouffe ? Boîte de comm ? audiovizz ? produits de luxe de plus ou moins grande
consommation ?

Peut etre que j'en saurai plus en lisant la suite du blog, tu me diras. Allez je m'y mets.

Ecrit par : Milan | 22 décembre 2006

Milan > Ahh tu n'as pas encore exploré tout le blog...
Regarde déjà un peu dans l'à propos, et puis aussi un peu dans la rubrique "joie et bonheurs de la com'"...
Début de réponse...

Ouam > quel lyrisme... le syndrome Harlequin est effectivement bien implanté dans ton commentaire ;-)

eliiiise > va falloir demander à Ana. Mais je suis sûre qu'elle n'en est plus trop sûre : un peu trop de champagne rend daltonien... :-)))

Ecrit par : Chris | 22 décembre 2006

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