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20 décembre 2006

Le p'tit truc de derrière les fagots

La pouf, contrairement à ce que bien des gens se plaisent à penser, ne passe pas forcément sa vie à courir les soirées branchées, les derniers restos à la mode ou les inaugurations très selects.

 

La pouf aime bien aussi - et ça va avec sa conception de l'exception - les lieux un peu confidentiels, loin des modes et des tendances, loin des people et des stars, loin des spots et des sunlights. Ceux qui ont toujours été et seront toujours. Ceux qui étaient connus de nos grands parents et le seront de nos petits-enfants.

Parce que dans ces lieux "normaux", où se cotoient Monsieur tout le monde et Mademoiselle pouf, on trouve un élément unique en son genre : le Patron.

 

Et s'il y a un truc que la pouf sait très bien faire, c'est "cultiver" le patron. Il suffit de venir deux ou trois fois dans le "lieu" à hanter, de sourire beaucoup, de secouer les cheveux, et le patron vous a repéré. Parce que les patrons, ils ont un truc spécial : une mémoire d'éléphant. Et même s'ils voient passer 50 personnes différentes dans la journée, ils savent qui vous êtes et vous mettent dans leurs petits papiers. La pouf, elle a un truc infaillible pour savoir si elle est dans les petits papiers du Patron. Quand le patron lui propose "le p'tit truc de derrière les fagots", c'est gagné.

 

Alors quand elle boit un petit verre au café d'en bas, c'est d'une bouteille de "derrière les fagots", que le patron réserve à ses amis. Une bouteille du type Pommerol 98. Ou une vieille prune de 20 ans d'âge. "Goûtez-moi ça, ma p'tite demoiselle, vous m'en direz des nouvelles". 

C'est un morceau de Saint Nectaire qui vient d'arriver de chez le producteur "vous partagerez bien une petite tranchette avec moi ?" ou un pot de crème fraîche "maison" offert par le fromager qui vous a tout de suite aimé. 

C'est une poignée de crevettes grises "pour votre entrée" du poissonnier.

Une mangue fraîche "cadeau : pour compléter le panier" du primeur ... 

 

Parce que la pouf, si elle aime sa vie mondaine, elle raffole de sa vie de quartier. Se sentir autant privilégiée auprès de son boulanger que dans les soirées parisiennes, ça a du bon.

C'est aussi ça qui l'aide à rester pouf et à ne pas "virer pouffiasse". Ca lui permet de parler aux gens connus comme elle parle avec le patron de la charcuterie, entre deux tranches d'un saucisson "remonté de la cave pour l'occasion" . Un petit saucisson "de derrière les fagots". Qu'on mange avec les doigts, autour d'un petit blanc sec, en expliquant à Raffi, le patron, que "ce p'tit apéro sur le pouce, y'a qu'ça d'vrai"

 

Chris

Commentaires

Effectivement, c'est pouffe.

Ecrit par : Milan | 22 décembre 2006

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