08 juin 2007

Le ridicule ne tue pas… mais ça chauffe quand même !

La pouf a beau être un être exceptionnel, elle n’en est pas moins soumise à la loi de Mère Nature. On sait que la pouf est belle. On sait qu’elle a une classe folle. On sait qu’elle aime porter des robes un peu courtes ou très fendues. On sait aussi que les escarpins qui font la jambe longue et fuselée ont sa préférence. Mais tout ceci n’est atteint qu’au prix d’un effort et d’une souffrance renouvelée tous les mois. Car enfin, faut-il l’avouer : la pouf malgré toute sa divinité et sa grandeur, doit lutter contre un maux bien féminin, sa pilosité. Ni plus ni moins fournie que la moyenne, la pouf doit se conformer aux usages en vigueur : l’épilation mensuelle.

Les jambes, ça va. Pas trop de douleur. Mais les aisselles et le maillot : au secours. La classe et le courage de la pouf s’enfuient à toute allure à l’approche du petit bâtonnet de cire chaude qu’approche avec un doux sourire Sandra, l’esthéticienne du bas de la rue. Et là toute honte bue, la pouf ne peut s’empêcher de pester contre la condition féminine.

 

Alors par un beau jour d’hiver, après avoir lu en long en large et en travers un long dossier de Glamour (ou était-ce Biba ?) la pouf décroche son téléphone et appelle une institution merveilleuse : la clinique laser. Eh bien vous messieurs qui n’en revenez pas et vous mesdemoiselles qui en rêvez, sachez c’est un cabinet médical spécialisé dans l’épilation définitive. Sisisi. Objectif : imberbitude absolue pour perfectitude long terme en maillot. Rendez-vous pris, la pouf découvre l’antre des rendez-vous clandestins de ses consœurs. Il faut croire que décidemment, l’épilation définitive est un concept qui plait aux poufs car une grande majorité de celles croisées dans la salle d’attente poufiassaient à morte et plus encore devant leurs ordinateurs, le portable accroché à l’oreille et le look parfait jusqu’au bout des ongles. Un seul patient masculin croisé dans ce centre féminin. Un pouf. Courageux. Respect total.

 

Commence alors une longue session d’étapes de ridicule absolu.

Première étape : la crème anesthésiante. Elle a bien des propriétés utiles cette crème : elle empêche avant tout d’avoir mal. Mais elle a un défaut. Elle perd ses propriétés avec l’air. Alors il faut - après l’avoir appliquée s’enrubanner - dans du film alimentaire. Une heure et demie avant la séance. A chaque pas, un bruissement ni doux et ni discret se fait entendre. La règle N°1 la pouf l’a apprise très vite : ne jamais faire de séance l’après midi. Parce qu’il est un peu délicat dans cette situation de répondre aux questions des collègues.

Deuxième étape : celle de la douleur. Parce que malgré la super-crème-anesthésiante-qui-permet-pour-une-fois-d-oublier-qu-on-a-des-fesses-des-cuisses-et-un-pubis, eh ben ça fait un peu mal. En fait ça fait même très mal pour peu qu’on ait mal étalé la crème. Ah oui parce que j’ai oublié de préciser un détail important : la pouf forcément commence par une épilation du maillot… et du SIF. Qu’est-ce que le SIF me direz-vous ? Le SIF est un terme hautement scientifique, désignant une partie extrêmement sensible de l’anatomie : le Sillon Inter Fessier. Oui. Voilà. Tout de suite on comprend que ce n’est pas une zone facile à atteindre pour étaler la crème anesthésiante de manière totalement égale. Et quand le laser s’en approche, ce n’est pas une partie de plaisir.

D’autant plus qu’à cette étape précise la pouf a atteint l’étape N° 3 : celle du ridicule absolu. Je m’explique : pour atteindre le SIF, il faut « dégager » la zone. En d’autres termes, la pouf se retrouve sur le dos, les genoux sous le menton, rouge de honte d’exposer ainsi son SIF qu’elle n’a jamais dévoilé à d’autres qu’à quelques privilégiés, dont sa mère à l’âge des couches.

Et là, immobile, se retenant de ne pas montrer sa douleur (on a sa dignité quand même… en tout cas, on la cherche autant que faire ce peut), la pouf souffre, le SIF en feu, les genoux sous le menton, et se demande pourquoi elle est allée s’infliger ça. Oui vraiment, on se demande...

 

 

 

Chris